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Le Design-A-thon, une architecture collective 

« Entre 1976 et 1984, l’américain Chad Floyd, alors architecte au sein de l’agence d’architecture de Charles Moore, imagine et organise les Design-A-thon : une série d’émissions d’une heure rassemblant les architectes de la firme et les téléspectateurs pour réfléchir sur la ville. Dans ce projet, la proximité avec le public est de toute importance et se traduit par sa participation lors d’atelier de réflexion organisés dans plusieurs villes, mais également par l’exposition des architectes en train de travailler dans des vitrines ouvertes sur la rue. La scénarisation des architectes – dans des vitrines et à l’écran –, l’ouverture des discussions collectives au sujet des aménagements urbains, s’inscrivent au sein d’une dynamique de sensibilisation et d’une pratique populaire et participative. Historiquement on observe que les années 1970 ont été marquées par un profond bouleversement de la pensée et de la pratique de l’architecture. Les architectes développent un nouveau regard sur leur pratique tout en favorisant la paroles des habitants, acteurs des quartiers en reconstruction. La crise intellectuelle qui touche alors la profession divise les architectes. Certains d’entre-eux tentent de valoriser les valeurs d’une architecture tolérante, inclusive et partagée avec le public. Il s’agit de combattre l’abstraction et la perte de sens pour revenir à une expression architecturale moins élitiste. Le projet médiatique Design-A-thon s’inscrit dans cette démarche émancipatrice. Cet ouvrage relate une histoire critique des médias et de la médiatisation de l’architecture, s’inscrivant au centre des transformations que connut à cette période, le monde architectural. Le Design-A-thon fait partie des procédures intellectuelles et pratiques imaginées par les architectes postmodernes américains. Que pouvons-nous apprendre du Design-A-thon et comment pouvons-nous réinvestir une telle pratique aujourd’hui ? »