Conférences

Séminaires

« Le façadisme. L’essai visuel vidéo dans les urban cultural studies », Séminaire recherche Cultures visuelles 4 : Ce que fait la culture visuelle à la recherche, Accra, Faculté des Arts, LETHICA, Université de Strasbourg. Co-organisé par Vivien Philizot, Sophie Suma et Sarah Calba (avril), 2021.

En 1972, la BBC diffuse le film télévisuel de l’historien de l’architecture et du design anglais Reyner Banham intitulé Banham Loves Los Angeles. L’auteur enquête sur la forme de L.A. et définit l’identité de la ville à partir de quatre écologies, c’est-à-dire de caractéristiques psychospatiales visuelles endémiques au territoire californien. Cette vidéo est imaginée comme le prolongement exploratoire et expérimental d’un travail plus académique paru l’année précédente sous le titre de Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies. La proposition de Banham nous montre à quel point l’image s’émancipe des contraintes du texte théorique pour exposer un travail dans lequel la visualité des objets étudiés est au cœur de la recherche. Banham Loves Los Angeles produit indéniablement de nouvelles connaissances à propos de L.A., et participe d’une épistémologie visuelle héritée des productions vidéos des Urban studies des années 1960 de Kevin Lynch et William H. Whyte, mais également du « montage manifeste intellectuel » de Sergueï Eisenstein, ou de l’image dialectique de Walter Benjamin. Cette intervention sera alors l’occasion d’envisager la recherche comme une expérience constructive, qui floute la frontière entre texte et image. Lorsque le sujet observé est aussi un objet de la culture visuelle, l’image est donc perçue comme un moyen d’entreprendre un travail critique et scientifique. S’adressant au regard et à l’observation, le concept de façadisme se trouve justement à l’intersection des cultures visuelles, de l’architecture et des interactions sociales. Son étude implique de mobiliser une méthode au croisement des paradigmes visuels, constructifs et sociologiques. Quels problèmes pose le façadisme architectural ou social ? Quel discours sur l’identité médiatise-t-il ? Peut-on en faire l’expérience par l’image pour l’étudier ?

« Fake vie et espaces factices ? Des gated communities à la téléréalité », Séminaire recherche Cultures visuelles 3 : Faits Fakes Fictions, Accra, Faculté des Arts, LETHICA, Université de Strasbourg. Co-organisé par Vivien Philizot, Sophie Suma et Sarah Calba (avril), 2021.

Qu’il s’agisse de gated communities, d’espaces de vie sécurisés, de mini cités utopiques, ou encore d’habitats clos fictifs, ces motifs multipliés dans le monde entier dépeignent une société inquiète et fragile qui se retranche, se confine, et tente de se protéger des situations anxiogènes. Aseptisées et organisées, depuis les années 1950, quelques villes et lotissements privés (historiquement) américains tentent de se mettre à l’écart d’un monde devenu trop barbare. La reproduction de la ville en miniature et par extension l’imitation des vies idéalisées comme on en voit dans les fictions, sont désormais la nouvelle réalité artificielle de colons en quête de sécurité, de quiétude et d’ordre. La représentation de ces motifs dans la culture visuelle et plus particulièrement dans les fictions télévisuelles rend compte des problèmes démocratiques, discriminatoires et liberticides posés par de tels modèles. Les espaces factices des gated communities nous mentent-ils ? Quels sont les effets de ces représentations, issues d’une société qui promeut une réalité artificielle de la vie en communauté.

« Une histoire médiatique de l’architecture », Séminaire recherche Hortence, Faculté d’architecture La Cambre Horta, Université Libre de Bruxelles (mars). Organisé par Wouter van Acker, 2020.

Dans le champ de l’architecture, la médiatisation des contenus théoriques a toujours été fondamentale. Que ce soit par le dessin, la publication de livres ou d’articles, par des conférences, des émissions radiophoniques et télévisées – et plus récemment des blogs et des web tv – ces productions forment une véritable culture médiatique de l’architecture. Si comme le suggère de façon très à propos Jean-Yves Andrieux au sujet des recherches en Histoire, « macro et microscopie sont les deux outils simultanés qui aident à se mouvoir avec adresse parmi les indices matériels du monde construit », alors, les recherches plus ciblées sur les rapports entre architecture et médias peuvent nous donner une autre connaissance de l’histoire de l’architecture. Cette communication vise à examiner la contribution de l’approche interdisciplinaire et scientifique des studies à l’histoire récente de l’architecture. Comment construire une histoire médiatique de l’architecture ?

« Violence et architecture, images et représentations », Séminaire atelier. Institut national des sciences appliquées (INSA) Strasbourg (janvier), 2020. Co-organisé avec le Département Architecture.

En 1993, l’historien et critique d’architecture Mark Wigley est invité à diriger un numéro de la célèbre revue américaine de critique d’architecture et de design Assemblage,intitulé « Violence Space ». L’objectif de cette édition est de consacrer des articles visant à relier la violence à l’espace, à travers le prisme de plusieurs rapports. Ainsi, les relations entre la philosophie, la guerre, l’histoire, des circonstances choquantes comme la naturalisation, les crimes, les événements politiques oppresseurs, ou encore des incidents survenus dans des maisons célèbres, sont présentés par une série d’auteurs dont les plus connus sont Michael Hays, Mike Austin, Jeffrrey Kipnis, Jean-Luc Nancy, Beatriz Colomina, Anthony Vidler ou Slavoj Zizek. Quelles-sont ces images qui nous permettent de représenter la violence en architecture ? Comment se traduit-elle ?

« Le Los Angeles de Reyner Banham à l’épreuve des séries contemporaines », Séminaire recherche Cultures visuelles 2. Accra, Université de Strasbourg (février). Co-organisé avec Vivien Philizot, 2020.

En 1971, paraît Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies de l’historien de l’architecture anglais Reyner Banham. En 1972, la BBC diffuse un téléfilm, Reyner Banham Loves Los Angeles, dans lequel on suit l’historien dans une virée de 24 heures en voiture à L.A. – synthétisées en 52 minutes. L’analyse urbaine de l’auteur présente quatre écologies qui selon lui composent autant le tissu urbain que la culture de la ville : Surfurbia (les plages), Foothills (les collines), The Plain of Id (la banlieue) et Autopia (les axes routiers). Mais L.A. fonctionne-elle toujours suivant le modèle des quatre écologies construit par Reyner Banham depuis sa voiture ou se sont-elles transformées ? L’objectif de cet article est de mettre la vision de Reyner Banham sur L.A. à l’épreuve des séries contemporaines. Quelles représentations de L.A. sont véhiculées par les séries aujourd’hui ? Comment, à partir d’elles, le public peut s’imaginer la ville et avec quelles images ? D’un point de vue plus large il s’agit de voir comment la culture médiatique contemporaine lie ensemble l’urbain et le social.

« L’essai visuel comme médiation de la recherche en architecture », Séminaire Diffusion de la recherche. Accra, Faculté des arts, Université de Strasbourg. Organisé par Grazia Giacco, 2019.

Il s’agit de questionner une forme de médiatisation visuelle qui apparaît de plus en plus dans les travaux universitaires et dans la recherche scientifique depuis quelques décennies : l’essai visuel. Qu’est-ce qu’un essai visuel et par quoi se définit-il ? C’est-à-dire par quels éléments ou avec quels critères peut-on le définir. Quelle est la valeur linguistique de l’essai visuel, qui emprunte son nom à l’essai littéraire ? Dans quels contextes il apparait ? Quelle valeur est conférée à l’image (qui est la matière première de l’essai visuel) ? De quelle manière peut-il vraiment rendre compte d’une recherche scientifique en architecture ?

« Étude de la métaphore criminelle, de l’architecture moderne aux transgressions postmodernes », Séminaire Dynamiques de la recherche en arts, Faculté des Arts, Université de Strasbourg. Organisé par Johanna Renard, 2018.

Selon Charles Jencks, « Fort heureusement, nous pouvons situer avec précision dans le temps, la mort de l’architecture moderne. » L’architecture moderne ne saigne pas, son cœur ne s’est pas arrêté de battre, et s’il s’agit d’un meurtre, ses auteurs ne sont pas en prison. Mais s’il s’agit effectivement d’un meurtre, à quoi avons-nous affaire ? Il est évidemment ici question de métaphore. Le crime lié à l’architecture que décrivent tour à tour dans leurs textes Charles Jencks, Peter Blake, Bernard Tschumi et bien sûr Adolf Loos avant eux, est métaphorique. Il n’opère pas au sens littéral du terme, mais il annonce cependant des changements de paradigmes remarquables. Effectivement, la métaphore criminelle a travaillé l’histoire de l’architecture ; c’est un excellent moyen de comprendre la manière dont les architectes ont établi de nouvelles postures de part et d’autre du 20e siècle. Qu’a produit la métaphore criminelle sur l’évolution du statut de l’architecte dans sa discipline ? Accompagnée de la notion de transgression, que permet-elle d’observer au sujet de la représentation de l’architecte selon les problématiques contemporaines ?

Vidéos-conférences

« Fictions du futur », Diffusée dans le cadre des vidéos-conférences [en ligne] Archifictions : Saison #1 Anticipations archifictionnelles (L’architecture et la ville aux prises avec les bouleversements environnementaux dans les fictions), Plateforme numérique Culturesvisuelles.org, Amup, Accra, Université de Strasbourg, ENSAS, INSA, AMUP, 16 avril 2021.

Imaginer le futur c’est s’approprier les enjeux forts du présent pour entrer en dialogue avec lui. Dans le domaine de la paralittérature, ces hypothèses inventives prennent depuis longtemps la forme de fictions. La deuxième partie du siècle dernier a vu l’émergence des fictions télévisuelles et cinématographiques, devenues le terrain exploratoire d’imaginaires futuristes qui, dès lors, n’ont eu de cesse de s’étendre. Penser l’architecture et les mondes urbains (présents ou futurs) à partir de fictions, s’apparente au travail du chercheur posant des hypothèses et prenant du recul sur ses objets d’études pour construire des arguments convaincants. Les fictions ressemblent à des expériences de pensées (Murzilli, 2004), à des objets performatifs, ou encore à des expérimentations (Tisseron, 2005). De plus, le futur en fiction est une démonstration qui tente de relier les activités collectives et les communautés humaines aux milieux et aux environnements pour redonner du sens à ces interactions parfois altérées (Rumpala, 2018). Est-ce qu’interroger les fictions d’anticipation nous aide à comprendre les problèmes du présent ? Destruction (ruine), résistance (résilience), ou encore refuge (souterrain, aquatique ou aérien et spatial), les fictions présentent des possibilités multiples, dystopiques ou fascinantes. Quels effets ont alors ces représentations sur les manières d’imaginer l’architecture et la ville ? Qu’est-ce que le mode fictionnel fait à notre manière de comprendre les mondes d’aujourd’hui et d’imaginer ceux de demain ? (visible sur culturesvisuelles.org)


Journées d’études

« Designathon. L’architecture participative à la télévision américaine des années 1970-1980 », Journée d’études Co-concevoir en architecture : Formes de collaboration et hybridations de savoirs. LéaV – École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles (octobre), 2020.

Entre 1976 et 1984, l’américain Chad Floyd, alors architecte au sein de l’agence d’architecture de Charles Moore, imagine et organise les Designathons : une série d’émissions d’une heure rassemblant les architectes de la firme et les téléspectateurs pour réfléchir sur la ville. Dans ce projet, la proximité avec le public est de toute importance et se traduit par sa participation lors d’ateliers de réflexion organisés dans plusieurs villes, mais également par l’exposition des architectes en train de travailler dans des vitrines ouvertes sur la rue. Que peut-on saisir des messages politiques et conceptuels véhiculés par le Designathon, alors que ce dispositif se tient à cheval sur deux logiques qui sont à première vue aux antipodes l’une de l’autre : les mass medias d’un côté et les collaborations démocratiques de l’autre ?

« L’architecture du pouvoir. La série The Handmaid’s Tale comme expérience de pensée », Journée d’études Archiséries. L’architecture et les architectes dans les séries tv. Amup, Accra, ENSAS, INSA, Université de Strasbourg, Le 5e Lieu (mars), 2020.

Que nous apprennent les fictions télévisées des fenêtres du pouvoir : les bâtiments emblématiques qui peuplent l’espace urbain ? Aujourd’hui, par exemple, c’est le mur frontalier entre le Mexique et les États-Unis par le président Donald Trump qui inquiète les populations, ou, son événement du 4 juillet 2019, considéré comme un détournement symbolique des monuments et de la fête national. Dans une scène de la série The Handmaid’s Tale (Hulu, 2017-2020), les servantes sont alignées pour une prière collective sur le site du Lincoln Memorial dans un Washington dystopique et patriarcal dépendant de la République de Gilead (S3 Ep.6, 2019) et le Washington Monument devient une croix religieuse monumentale. De quelle manière les séries illustrent, ou dénoncent-elles les réelles craintes d’un renversement politique, où l’architecture est le médium d’expression privilégié des gouvernements ?

« Gangs of architects », Journée d’études Le temps post-moderne, Université de Strasbourg, Accra, 2018.

À partir des années 1960, le champ de l’architecture aux États-Unis est le théâtre d’une série marquante de prises de positions critiques, qui, de l’exposition à la publication, du débat télévisuel à la confrontation publique, s’incarnent dans tous types de médias. Plusieurs événements précis, marquent la montée d’un mouvement de controverses architecturales violentes aux États-Unis et en Europe, et c’est dans ce moment singulier de l’histoire que les architectes se retrouvèrent en bandes organisées. Les différents territoires défendus témoignaient d’une crise à la fois critique et théorique caractérisée par de nouvelles formes de médiatisation.

« Étude de la métaphore criminelle dans l’histoire de l’architecture ». Journée d’études Pratique, théorie, Épistémologie des Arts, Palais Universitaire, Université de Strasbourg, Accra, 2018.

À lire différents textes manifestes, toute forme d’architecture hors norme, s’écartant des principes en vigueur, serait une architecture criminelle, ou faite par des criminels. Mais paradoxalement, le crime et la transgression semblent être, toujours selon ces auteurs, inévitables pour comprendre l’architecture elle-même. Une lecture comparée de ces écrits nous offre de nombreux indices sur cette apparente contradiction, et permet d’en proposer un dépassement critique, par la critique. Cette communication découle du travail de la thèse de doctorat.

« Introduction à une expérience critique et participative : le droit à la ville », Journée d’études Prendre place I Le droit à la ville. Université de Strasbourg, CREPhAC, Accra, Amup, 2018.

Qu’est-ce que le droit à la ville implique en termes de participation et de représentation ? En quoi la communication et la sensibilisation du droit à la ville permet d’entreprendre une dynamique créative pour comprendre la ville d’aujourd’hui ? Pourquoi développer un regard critique sur le droit à la ville ? Cette intervention vise à présenter l’origine de la participation en architecture, ainsi que l’ensemble du projet scientifique et culturel Prendre Place lauréat de l’IDEX Université & Cité 2018. Enfin, l’intervention visera à présenter l’ensemble des projets et des événements prévus entre avril 2018 et avril 2019 en partenariat avec Les journées de l’Architecture de Strasbourg, la MISHA et la Hear.

« L’architecture, instrument du discours commercial. L’architecture comme média », Journées d’études Regards sur le paysage urbain MISHA, Université de Strasbourg, Accra, Université de Rennes 2, 2017.

Dans les années 1990, certains bâtiments deviennent un médium commercial et participent à la propagande d’un discours, voire de marques. En 1964, le théoricien des médias Marshall McLuhan annonçait que “Le médium c’est le message“. Ce concept complète ce que les architectes et théoriciens Denise Scott Brown et Robert Venturi défendaient dans leur manifeste intitulé Learning from Las Vegas dès 1968, quand ils évoquaient que « l’architecture est communication ». Or le phénomène exposé ici montre à quel point certains architectes ont lié architecture et discours publicitaire sans aucun recul critique. Les bâtiments deviennent des structures signifiantes au service des marques. Ces dernières délimitent leurs territoires dans la ville grâce à l’instrumentalisation de l’architecture qui agirait comme un signal. On assiste alors à une conquête de l’espace urbain et à la naissance de l’architecture « logo ».

« Représentations du contrôle et du pouvoir dans l’espace public – Bataville panoptique ? », Journée d’Études Être public, communication et table ronde, Université de Rennes 2, Hotel Pasteur, Rennes, 2016. Vers une esthétique, un design du contrôle et une visibilité de l’ordre conditionnantes.

Comment créer la ville ? fut la première question posée, comment créer la ville à partir de rien et conserver un état de ville surtout ? a été le point de départ. Ainsi nous nous sommes intéressés à un lieu singulier qui semblait pouvoir répondre à ces questions Bataville, est une création moderne, imaginée pour rassembler au sein d’un même espace des infrastructures et des habitations afin de lier vie privée et vie professionnelle. C’est un lieu qui est pensé comme, une ville, comme un espace urbain, il est pourtant décontextualisé de la ville puisque situé en plein cœur d’une zone rurale en Moselle. Cette cité représente par son caractère insulaire, la métaphore de l’île. C’est un territoire méta-urbain.

Colloques

« Quelle recherche en architecture ? Investigations entre études visuelles et archifictionnelles », Colloque Profession Architecte. LHAC (ENSA-Nancy), AMUP (ENSA-Strasbourg et INSA Strasbourg) et 2L2S (Université de Lorraine), École d’architecture de Nancy, novembre, 2021.

Dans un article intitulé « Les vues de l’esprit. Une introduction à l’anthropologie des sciences et des techniques », Bruno Latour (1985 : 21,22) utilise l’expression « culture visuelle ». Selon lui, « la culture visuelle d’un pays et d’une époque […] comprend à la fois certaines images, mais aussi des sciences nouvelles, des théories de l’optique, une certaine organisation des arts et des métiers, et surtout une économie. » La culture visuelle offre pour Latour  différentes « vues du monde », plus particulièrement à travers ce que Nicholas Mirzoeff (2011) appelle la « visualité » des objets dont il est constitué. Mais n’est-ce pas là également le rôle que peut tenir l’architecture, lorsqu’elle fonctionne en tant que représentation allusive, expressive et interprétative du monde ? (Goodman, 1994) L’architecture comme objet de la culture visuelle diffuse et fait circuler quelque chose de ses usages, de sa fonction, de son histoire, mais aussi de son rôle dans le champ social. Cette communication vise à comprendre les enjeux épistémologiques de la recherche dans les champs de l’image et de l’architecture pour dire quelque chose des problèmes contemporains. L’objectif d’une telle posture interdisciplinaire, plus connue sous l’appellation d’études visuelles, est ici de s’intéresser à ce que les représentations font à l’architecture – et par extension possiblement à l’espace, à l’urbain ou au design – et au regard que l’on peut porter sur elle.

« The Mall: an iconic space for 1980s-1990s American youth culture », Panel : GET OFF MY LAWN! YOUTH, SPACE, AND POLITICS IN THE POSTWAR UNITED STATES. Elsa Devienne (Northumbria), Caroline Rolland-Diamond (Université Paris Nanterre), Léa-Catherine Szacka (University of Manchester), Sophie Suma (Université de Strasbourg). Historians of the Twentieth Century United States (HOTCUS). University of Edinburgh (Report COVID-19), 2020.

Following the success of the Foley brothers’ precursor store in Houston in 1947 (Vicki Howard, 2015), and after the realization of numerous shopping center prototypes, the Viennese American architect Victor Gruen imagined one of the very first mall in the United States in 1956 in Southdale in the Minneapolis suburb (Marc Berdet, 2013). It can be considered as such because it was located in the suburbs, away from the city, and the entire space it covered was completely enclosed, air-conditioned, automated, artificially lit, secure and private. A paradoxical space, both controlled by commercial firms and popular with middle-class suburban families, the shopping mall gradually became a place of rituals but also of fantasy (Matthew Newton, 2017). The shopping mall at the end of the twentieth century became the preferred space for young people who gathered there in groups to reconstitute a tribe (Michel Maffesoli, 1997). Moreover, in the episode « Teens from a mall » (S1, Ep.24), from the very popular American series Parker Lewis Can’t Lose (1990-1993), the hero praises the mall. In this case, what can American TV series teach us about the shopping mall, so that we can consider it as one of the spaces of youth culture? After having made the link between the occupation of this type of shopping space by young people and mass consumption, we will present an analysis of the mall’s decor and services that leads us to think that it played a role in the suburban culture of American youth.

« Designathon – L’architecture participative à la télévision américaine des années 1970-1980 ». Colloque Prendre place I Le droit à la ville. MISHA, Université de Strasbourg, CREPhAC, Accra, Amup, 2019.

Entre 1976 et 1984, l’américain Chad Floyd, alors architecte au sein de l’agence d’architecture de Charles Moore, imagine et organise les Designathons : une série d’émissions d’une heure rassemblant les architectes de la firme et les téléspectateurs pour réfléchir sur la ville. Dans ce projet, la proximité avec le public est de toute importance et se traduit par sa participation lors d’ateliers de réflexion organisés dans plusieurs villes, mais également par l’exposition des architectes en train de travailler dans des vitrines ouvertes sur la rue. Le design (dessein) collaboratif donne forme aux projets d’architecture et d’urbanisme participatifs. Que pouvons-nous apprendre du Designathon et comment pouvons-nous réinvestir une telle pratique aujourd’hui ?

« Architecture des images. Atlas, split-screens, multi-écrans. Penser par l’image avec les Eames», Colloque Objectivité et design graphique : l’interdisciplinarité entre art, image et science MISHA, Université de Strasbourg, Lias, mm (Ehess / Cnrs), Irist, Archives Henri Poincaré, Université de Lorraine. Communication en duo avec Vivien Philizot (MCF Design graphique), 2018.

De la forme atlas au split-screen, une même organisation épistémique semble être à l’œuvre, qui nous invite à reconsidérer les dispositifs multi-écrans des Eames dans le contexte élargi de l’histoire des sciences et du cinéma des années 1960 et 1970. Employés par des scientifiques autant que les designers, des artistes ou des cinéastes, les systèmes visuels étudiés ici relèvent bien du montage. Il s’inscrivent alors dans une filiation moins proche du paradigme des sciences modernes que d’une tradition bien évoquée dans la description de l’enquête par Carlo Ginzburg ou dans les pages que consacre George Didi-Huberman à la forme Atlas, cette « forme visuelle du savoir, une forme savante du voir ». Ces objets témoignent chacun d’une capacité à mobiliser des ensemble d’images non pas de manière illustrative, mais bien pour pour faire de l’architecture des images un véritable moyen visuel de produire de la pensée.

« L’architecte en critique », Colloque international Francophonie en Ukraine. Langue, Sciences et Pratiques, Prydniprov’ka Académie d’état de génie civil et d’architecture de Dnipro, Ukraine, 2018.

À partir des années 1960, plusieurs architectes et historiens européens et américains remettent en cause et font la critique des conceptions architecturales et urbaines fonctionnalistes. Ces acteurs utilisent la critique pour imaginer des procédures alternatives au fonctionnalisme dans la conception de l’architecture. Au-delà d’un état des lieux de la critique française aujourd’hui, il s’agira de présenter les différentes formes que peut prendre la critique dans la discipline de l’architecture et de voir comment elle contribue à l’évolution de la discipline. De quelle manière s’est construit cet instrument réflexif qu’est la critique en architecture ? Comment a-t-elle participé au développement intellectuel de l’architecte entre les années 1960 et 1990 ? Quels sont les enjeux de la critique dans le champ de l’architecture aujourd’hui ? Quelle place occupe la critique en France dans l’actualité contemporaine ?

« L’hyperimage, quand la fiction habille l’architecture », Colloque Images, Université de Strasbourg, 2017.

Certains bâtiments sont munis de façades habillées renvoyant des images fortes et envahissantes,  encourageant l’observateur a visualiser des espaces fictionnels. Dérivées des concepts d’hypertextualité de Bernard Genette et d’archi-ressemblance de Jacques Rancière, l’hyperimage en architecture relève d’une esthétique de la référence. Elle produit le phénomène de déterritorialisation – cher à Deleuze – nécessaire pour comprendre le discours qu’il y a derrière le projet architectural et soutenu par l’architecte. Si l’hyperimage est un dispositif symbolique de représentations référentielles, fortement observé dans les années 1980, la rénovation du centre culturel d’Alhondiga de Bilbao, livré en 2010 par Philippe Starck, confirme l’importance du concept (design) dans la profession. Le scénographe de cinéma Lorenzo Baraldi y compose un parcours historique et culturel en habillant quarante trois colonnes de soutènement à l’intérieur du bâtiment. Ce voyage souhaité par les designers concepteur, est pensé à travers les images et les symboles différents dont sont pourvues chaque colonnes. Ce projet actualise le concept d’hyperimage en architecture, c’est bien sûr ce que tentera d’affirmer cette communication.

« Faire de la recherche à plusieurs mains ? », Discussions introductives, Colloque Narration 2.0, Shadok, Médiathèque André Malraux, Accra, Université de Strasbourg, 2016.

Faire de la recherche à plusieurs mains c’est composer avec plusieurs points de vue, paradigmes ou méthodes. Comment alors concilier une recherche pluridisciplinaire, voire interdisciplinaire ? Participation à l’introduction à la première journée du colloque, sur les manières plurivoques de faire de la recherche à plusieurs mains. Et notamment à partir de méthodologies de rédactions fragmentées et de collections d’images relationnelles.

Conférences

« Le Designathon une architecture collective », Les samedis du TNS, Théâtre national de Strasbourg, 2018.

« La recherche en design et en architecture », Rencontres Professionnelles, Lisaa Strasbourg, 2015.

« L’hybridation en design et en architecture », Rencontres Professionnelles, Lisaa Strasbourg, 2014.

« Qu’est-ce qu’une recherche en design ? », Rencontres Professionnelles, Journée du design de Nice, 2011.

Tables rondes

« Représentations du contrôle et du pouvoir dans l’espace public – Bataville panoptique ? », Journée d’Études Être public, communication et table ronde, Université de Rennes 2, Hotel Pasteur, Rennes, 2016.

Vers une esthétique et un design du contrôle et une visibilité de l’ordre conditionnantes. Comment créer la ville ? fut la première question posée, comment créer la ville à partir de rien et conserver un état de ville surtout ? a été le point de départ. Ainsi nous nous sommes intéressés à un lieu singulier qui semblait pouvoir répondre à ces questions Bataville, est une création moderne, imaginée pour rassembler au sein d’un même espace des infrastructures et des habitations afin de lier vie privée et vie professionnelle. C’est un lieu qui est pensé comme, une ville, comme un espace urbain, il est pourtant décontextualisé de la ville puisque situé en plein cœur d’une zone rurale en Moselle. Cette cité représente par son caractère insulaire, la métaphore de l’île. C’est un territoire méta-urbain.

« Bataville cité jardin ou cité avec jardins ? », Rencontres Publiques Habiter Bata Notre Atelier Commun Patrick Bouchain, UFO, Bataville, Moselle, Accra, Université de Strasbourg, 2016.

Comment définir ce qu’est Bataville ? Ce n’est pas vraiment une Cité-jardin, mais plutôt une forme hybride nourrie de plusieurs modèles urbains, à cheval sur des concepts (utopies réalisées, modernisme). Comment la qualifier ? Les études sociologiques et historiques visent justement à mettre en évidence les singularités de Bataville, pour accompagner le plus justement possible l’évolution de cette dernière. En effet, Bataville n’est pas en train d’imaginer une reconversion – elle n’a jamais été complètement abandonnée – mais plutôt de construire une continuité de son histoire.