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Gangs of architects
Médias et architecture POMO

À partir des années 1960, le champ de l’architecture aux États-Unis est le théâtre d’une série marquante de prises de positions critiques, qui, de l’exposition à la publication, du débat télévisuel à la confrontation publique, s’incarnent dans tous types de médias. En mars 1968, l’article si controversé intitulé A signifiance for A&P parking lots, or Learning from Las Vegas paraissait dans la revue d’architecture américaine The architectural Forum, et dépeignait une approche populiste et symboliste de l’architecture. En 1972, l’ouvrage intitulé Five architects était publié pour prendre position face à un événement organisé par les CASE au MOMA, en 1969 au sujet de la pertinence d’une nouvelle architecture moderne contemporaine. En août 1976, une confrontation publique organisée dans le cadre de la Biennale de Venise, réunissait les architectes, historiens et critiques d’architecture européens et américains les plus prolixes du moment, pour débattre de l’avenir de l’architecture. En décembre 1976, s’ouvrait à Chicago l’exposition activiste intitulée Chicago Architects, créée en représailles à une autre exposition venant de Munich 100 years of architecture in Chicago, continuity of structure and form, faisant l’apologie de l’architecture moderne en tant que seule représentante de l’architecture dans la ville. En 1977, l’ouvrage intitulé Le langage de l’architecture postmoderne, diffusait publiquement une classification des différents signes architecturaux apparaissant depuis les années 1950. Puis, en 1981, le discours annuel du RIBA annonçait la division du monde de l’architecture en deux camps opposés et révélait la concurrence des discours sur l’architecture. Tous ces événements et bien d’autres encore, marquent la montée d’un mouvement de controverses architecturales violentes aux États-Unis et en Europe, et c’est dans ce moment singulier de l’histoire que les architectes se retrouvèrent en bandes organisées. Les différents territoires défendus témoignaient d’une crise à la fois critique et théorique caractérisée par de nouvelles formes de médiatisation.