collines

Objets de contemplation
Mémorandum Collines

 

« Par son arrachement au monde, l’homme se rend présent au monde et se rend le monde présent. Je voudrais être le paysage que je contemple, je voudrais que ce ciel, cette eau calme se pensent en moi, que ce soit moi qu’ils expriment en chair et en os, et je demeure à distance ; mais aussi est-ce par cette distance que le ciel et l’eau existent en face de moi ; ma contemplation n’est un déchirement que parce qu’elle est aussi une joie. Je ne peux pas m’approprier le champ de neige sur lequel je glisse : il demeure étranger, interdit ; mais je me complais dans cet effort  même vers une possession impossible, je l’éprouve comme un triomphe, non comme une défaite. C’est dire que, dans sa vaine ten­tative pour être  Dieu, l’homme se fait exister comme homme, et s’il se satisfait de cette existence, il coïncide exactement avec soi. Il ne lui est pas permis d’exister sans tendre vers cet être qu’il ne sera jamais ; mais il lui est possible de vouloir cette tension même avec l’échec qu’elle comporte. Son être est manque d’être, mais il y a une manière d’être de ce manque qui est précisément l’existence. »
Simone de Beauvoir, Pour une morale de l’ambiguité

 

Le mémorandum Collines est un projet issu du workshop 2016 De grès et de force soutenu par l’association IDeE. Ces collines en calcaire blanc, ont été réalisées par François Keller, tailleur de pierre de la région grand Est. Exposées au Centre de la mode et du design de Paris dans le cadre de la Paris Design Week 2016.

 

© Photo 1. Christophe Urbain © Fabrication calcaire tourné : François Keller Strasbourg 2016

© Photo 2. Collines en bois tourné, fabrication : Lucas Stoppele, Strasbourg 2016