normalisation des images et des usages

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Résumé de l’article : Objets en famille et famille d’objets
Prolongement du mémoire de Master 2 Recherche Design et Architecture
Université de Strasbourg

 

Depuis 1989, le générique de la série The Simpsons ouvre sur une présentation des protagonistes dans leurs tâches quotidiennes en extérieur qui s’achève par leurs arrivées successives sur le canapé de la maison familiale.
Symbole parlant des objets emblématiques de la famille populaire américaine, le canapé n’est pas seul, il est accompagné d’un lampadaire sur la droite et d’un téléphone, d’une petite lampe à pied sur un chevet contenant des livres sur la gauche.
Accroché au mur, on peut remarquer la peinture encadrée d’un bateau, puis en face on devine la face arrière d’un téléviseur. Ainsi, à la famille Simpson, correspond une autre famille, une famille d’objets.

Étrangement, sans ce minimum d’éléments, un salon peut paraitre vide, voire incomplet. Le choix de chaque objet s’explique par une logique de gestes nécessaires à « l’action de ». Si je veux regarder la télévision, il me faut une assise positionnée en face, mais si je veux regarder la télévision en famille – donc à plusieurs – j’ai besoin d’une zone d’assise plus vaste. Un canapé – qui évoque également le confort et l’idée de passer un bon moment de détente ensemble – est donc adapté à l’action collective correspondant à « regarder la télévision ». Le canapé devient le lieu de rassemblement, le point de rendez-vous des membres de la famille.

Il est moins question de traiter ici des distinctions socioculturelles ou socioprofessionnelles (on ne parlera pas des styles d’objets ni de leur valeur marchande), que de comprendre dans quelle mesure ces familles d’objets ont été associées à une pièce de la maison et en quoi ces associations quasi automatiques relèvent de représentations codifiées que l’on se fait de l’usage.

 



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