Problématiques culturelles, médiatiques, identitaires et environnementales
histoire culturelle de l’architecture

École d’architecture de l’Institut des sciences appliquées (INSA) de Strasbourg (2018-2022 – 18h/an)

Ce cours, s’étendant sur trois années du cursus, est construit en utilisant des outils médiatiques de la culture visuelle, comme notamment les fictions cinématographiques, télévisuelles, littéraires, ou encore les mythes et les récits pour illustrer les problématiques abordées. De quelle manière l’écologie urbaine s’est-elle construite ? À partir de quelles théories, et de quelles représentations ? De quelle façon les environnements urbains se développent-ils ? À partir de quelles réflexions peut-on les imaginer ou les améliorer ? Ces productions culturelles et intellectuelles influencent-elles notre manière de nous représenter les environnements matériels dans lesquels nous vivions ? En parallèle d’autres mode de transmission des connaissances proposant un enseignement chronologique et historique, ce cours vise à considérer l’architecture, les mondes urbains, leurs environnements, leurs représentations et leurs théories comme s’inscrivant dans un champ interdisciplinaire au croisement de plusieurs cultures. Il s’agit ici de proposer une approche thématisée et problématisée de ces motifs dans l’histoire des idées qui peut faire apparaitre leurs différentes évolutions en lien avec des questions de société et des controverses contempporaines. Car il n’est plus à prouver que ces motifs peuvent être abordés en incluant les bouleversements (ou certaines influences) socioculturels, économiques ou politiques des civilisations.

Ai2 (Licence 2 S3 – 15h/an) : Des représentations utopiques sociales et urbaines d’hier aux enjeux actuels des environnements urbains : L’objectif de ce cours est de relier la notion d’utopie empruntée au genre littéraire à la conception de l’environnement urbain. La pratique de l’urbanisme répond à des connaissances multiples en matière de sciences techniques, sociales et culturelles, la notion d’utopie a comme origine la littérature européenne. Depuis Thomas More (Utopia, 1516), on peut considérer l’utopie comme une philosophie ou comme une politique critique de la pensée que nous allons rapprocher ici de l’écologie urbaine. À partir des premières définitions, de l’utopie et de l’urbanisme (Idelfon Cerdà, Teoria, 1859) que l’on découvrira, on verra plus précisément que les deux réunies on donné lieu à plusieurs formulations concrètes matérialisées entre le 19e et le 21e siècles. S’intéresser aux projets utopiques qu’ils soient proposés en faveur d’un habitat plus agréable, d’une ville plus propre et organisée ou d’une société mieux gouvernée, permet de découvrir l’histoire des idées liées aux mondes urbains et de comprendre leurs enjeux et leurs évolutions jusqu’à nos jours. L’invention semble être au cœur de ses démarches toutes aussi politiques que conceptuelles. Comment alors, aujourd’hui, pouvons-nous réinventer les environnements urbains à partir de la pensée utopique, de l’imaginaire et des pratiques fictionnelles ? La science-fiction et les dystopies contiennent un matériel réflexif tout à fait pertinent pour requestionner les manières de vivre en contexte urbain.

Ai3 (Licence 3 S5 – 18h/an) : Représentations culturelles, discours et théories, Histoire des idées, critiques et controverses dans les cultures architecturales et urbaines : Chaque séance de ce cours propose d’étudier un panorama de théories architecturales et urbaines, ainsi que leur représentations, dont les problématiques peuvent encore avoir du sens aujourd’hui pour réfléchir aux enjeux des cités contemporaines. Dix questions seront alors abordées tout en découvrant les figures théoriques majeures de chacune d’entre elles. Quelle est la place de la démocratie dans la fabrique de la ville ? Quelles mesures prendre au sujet de la préservation du patrimoine architectural aujourd’hui ? Quels rôles tiennent l’architecte et l’urbaniste dans l’économie participative ? Quels sont les liens entre architecture et politique ? Qu’implique la forme monumentale dans le devenir des villes et de l’environnement urbain ? Quels sont les enjeux politiques dans la conception urbaine ? Pourquoi la fabrication des récits urbains et les mythes de fondations sont importants dans la culture urbaine ? Quels sont les enjeux des controverses sur l’art et l’ornement dans l’histoire de la culture architecturale ? Comment considérer la pensée fonctionnaliste de l’architecture face à la diversité de la vie collective dans les grandes viles ? Quelle ville imaginer pour demain ?

A4 (Master 1 S2 – 6h/an) : Contextualiser l’architecture et le projet urbain. Environnement et artialisation, des fictions aux réalités contemporaines : À la lumière de l’ensemble des connaissances au sujet des liens théoriques et pratiques entre architecture et contexte(s), qu’en est-il aujourd’hui du/des contexte(s) dans l’artialisation (Roger, 1997) des environnements urbains ? Est-ce qu’une architecture contextuelle existe ou peut-elle exister ? Est-ce un projet d’aménagement ou d’architecture qui renforce les cohésions culturelles d’un site en reliant les habitants à la forme urbaine ? Est-ce une architecture qui répond aux besoins factuels et fonctionnels des communautés habitantes ? De la pensée corbuséenne pour qui l’architecture créait le contexte, à celle de Rem Koolhaas (fuck context), en passant par les pensées structuralistes de la Team X, rationalistes d’Ernesto Rogers, ou encore contextualistes de Colin Rowe, Robert Venturi et Denise Scott Brown, ce cours vise à comprendre quelle place peut-on donner à ce terme contexte dans la fabrique urbaine. Quels sont les apports du régionalisme critique (Lefaivre et Tzonis, ou Kenneth Frampton), ou de l’extrémisme vernaculaire dans la pensée urbaine contemporaine ? Certains architectes, comme Bernard Zehrfuss (Musée gallo-romain de Lyon 1969-1975), Tadao Ando (Chichu art Museum, 2004), ou encore Tomas Osinski (Maison invisible miroir, 2019), proposent des bâtiments camouflés, semi-enterrés, invisibles ou réfléchissants. Avons nous tord de considérer ces approches comme des postures plus respectueuses du contexte environnemental ? L’architecture invisible est-elle une architecture contextuelle ? L’architecture et la ville contextuelles existent-t-elles ? Ces mondes/villes invisibles (Italo Calvino, 1972), qui forment cet ailleurs, contenu dans les visions d’un environnement meilleur, sont-elles finalement vraisemblables, réalisables ?