Publications

Ouvrages

Sophie Suma, Los Angeles à distance, Créaphis, Grane, 2022. (à paraître)

Que l’on soit immobilisé à la maison à cause d’une jambe dans le plâtre comme Jeff Jefferies dans Fenêtre sur cour, ou que l’on soit enfermé chez soi et contraint d’observer sur un écran son pays frappé par une pandémie, voir le monde à travers une fenêtre n’a jamais pris autant de sens qu’aujourd’hui. Mais si nous pouvons « voir à distance » pouvons-nous réellement « prendre de la distance » sur les objets que nous voyons ? Peut-on par exemple comprendre et se faire une idée de Los Angeles à partir des séries dont elle est l’héroïne ? En 1972, la BBC diffuse le téléfilm intitulé Reyner Banham Loves Los Angeles, dans lequel on suit l’historien de l’architecture anglais Reyner Banham dans une virée de 24 heures en voiture à L.A. Ce livre propose de mettre la vision du pop-historien sur L.A. à l’épreuve des séries contemporaines afin de tenter de se faire une idée, à distance, de cette ville américaine. Quelles représentations de L.A. sont véhiculées par les séries ? Comment, à partir d’elles, le public peut s’imaginer la ville et avec quelles images ? Peut-on construire son propre point de vue « critique » sur L.A. en regardant des séries TV ?

Sophie Suma, Que font les architectes à la télévision ?, Collection Milieux, 205, Lyon, 2021, 84 pages.

Frank Lloyd Wright participant à un jeu télévisé sur CBS ; Le Corbusier présentant l’architecture moderne comme une religion à la RTF ; Frank Gehry invité de Charlie Rose, ou en personnage des Simpsons, et côtoyant des stars de cinéma comme Brad Pitt ; Jean Nouvel parlant de l’avenir de l’architecture dans une boîte de nuit avec Thierry Ardisson… Mais que font les architectes à la télévision ? Loin des pratiques médiatiques ordinaires du champ de l’architecture (écriture de manifestes, expositions, conférences académiques, etc.), c’est par l’entremise de la télévision et pour ses qualités inclusives et populaires que les architectes diffusent depuis des années leurs points de vue sur la discipline. En messagers de la « bonne architecture », ils ont largement mis la surenchère visuelle et discursive de la télévision au service de leur image. Mais quel(s) effet(s) le régime sériel de ce média de masse tant consommé a-t-il pu produire sur les architectes ? Ont-ils véritablement le monopole des discussions sur l’architecture ? De quelle manière la télévision a-t-elle forgé la figure de l’architecte masculin qui domine encore aujourd’hui le champ médiatique ?

Sophie Suma, Le Designathon. L’architecte et l’architecture participative à la télévision, L’Harmattan, Paris, 2020, 187 pages.

Entre 1976 et 1984, l’américain Chad Floyd, alors architecte au sein de l’agence d’architecture de Charles Moore, imagine et organise les Designathons : une série d’émissions d’une heure rassemblant les architectes de la firme et les téléspectateurs pour réfléchir sur la ville. Dans ce projet, la proximité avec le public est de toute importance et se traduit par sa participation lors d’ateliers de réflexion organisés dans plusieurs villes, mais également par l’exposition des architectes en train de travailler dans des vitrines ouvertes sur la rue. Le dessein collaboratif donne forme aux projets d’architecture et d’urbanisme participatifs. Que pouvons-nous apprendre du Designathon et comment pouvons-nous réinvestir une telle pratique aujourd’hui ?

Co-direction d’ouvrages

Lise Lerichomme, Sophie Suma (dir.), Regards sur le paysage urbain, La lettre volée, Bruxelles, 2022, 260 pages. (à paraître)

L’objectif de cette publication est de réunir des articles de plusieurs chercheurs, artistes et professionnels issus de disciplines différentes (architecture, urbanisme, paysagisme, géographie, sociologie, philosophie, design, arts plastiques…) dans le but de rassembler des regards hétérogènes à propos de l’espace urbain et de ces représentations. Cet ouvrage vise à croiser différents regards critiques sur le paysage urbain par l’entrée de textes académiques et de photographies d’œuvres ou de paysages. Contenu : Textes académiques, essais visuels ou littéraires, photographies, installations plastiques de Guillaume Bonnel, Sarah Calba, Olivier Crocitti, Eugénie Denarnaud, Katrin Gattinger, Caroline Guittet, Sophie Lapallu, Lise Lerichomme, Marwan Moujaes, Bruno Steiner, Sophie Suma, Mathieu Tremblin, Daniel Payot et Vivien Philizot.

Chapitres d’ouvrages collectifs

« Les dramalités spatiales et architecturales de Trump », ProForma 1, Gwenaëlle Bertrand, Jérémie Nuel (dir.), ECLA, Université Jean Monnet, Les Presses d’URL, Villeurbanne, 2021, p.K.

Ce texte fait l’hypothèse que si la dramalité est avant tout un genre télévisuel, son fonctionnement semble aussi apparaitre dans la manière dont Trump médiatise ses activités politiques. On observe qu’il théâtralise ses déplacements et ses apparitions publiques. Aussi ses descentes en escalator de la Trump Tower depuis The Apprentice jusqu’au jour de l’officialisation de sa candidature aux présidentielles 2016 démontrent le rapport étroit qu’il entretient avec la dramaturgie. Il popularise son idéologie avec des symboles simples en dévoilant facilement ses sentiments aux médias, comme lorsqu’il accueille les Tigers de l’Université Clemson à la Maison Blanche avec des piles de Big Mac de chez McDonald’s et qu’il pose fièrement devant pour l’unes des photos officielles. L’impopulaire mur frontalier est par exemple devenu l’emblème de la préservation des valeurs américaines. Le Trump’s Border Wall fut l’objet star de son nationalisme. Et enfin, il transgresse les codes démocratiques et les mythes de l’histoire américaine. La proposition de décret intitulé « Making Federal Buildings Beautiful Again » et le spectacle du 4 juillet 2019 au Lincoln Memorial de Washington illustrent sa position contradictoire, entre conservatisme et violence symbolique. C’est peut-être bien à travers l’analyse critique de ces dramalités spatiales et architecturales qu’apparait la vision anti-démocratique d’un président qui n’a apparemment pas fait passer les intérêts des américains avant les siens, et annonce au contraire un nationalisme certain.

« Le mall comme paysage. Décors en séries », Lise Lerichomme, Sophie Suma (dir.), Regards sur le paysage urbain, La lettre volée, Bruxelles, 2021, pp.137-159.

Afin de définir le paysage du mall, trois types de décors sont ici étudiés. Tout d’abord, celui du mall lui-même en tant que Junkspace, qui renvoie directement à la notion de standardisation et de production en série de ses décors (design), puis, le décor de la convivialité qui offre des espaces de socialisation importants pour sa fréquentation, et enfin, le décor de l’utopie qui fait advenir l’ambition du mall : devenir la nouvelle centralité urbaine. Ces trois décors semblent être prépondérants dans le fonctionnement du mall. Matérialisés par des objets, des aménagements et des services, ils prennent aussi leur forme dans l’idéologie originale de Victor Gruen son créateur. Puisqu’il est souvent utilisé dans les fictions, justement en tant que décor, que peuvent bien nous dire les scènes de centre commercial figurées dans les séries (TV) sur les véritables shopping mall ?

« Gangs d’architectes et architecture postmoderne.Médiatiser l’architecture. Groupes d’architectes américains en terrain postmoderne », Marie Heyd (dir.), Actes de la journée d’études Expérience et discours du temps dans la postmodernité, Cahiers Recherche, Université de Strasbourg. (à paraître).

À partir des années 1960, le champ de l’architecture aux États-Unis est le théâtre d’une série marquante de prises de positions critiques, qui, de l’exposition à la publication, du débat télévisuel à la confrontation publique, s’incarnent dans tous types de médias. Une succession d’événements marque la montée d’un mouvement de controverses architecturales violentes aux États-Unis et en Europe, et c’est dans ce moment singulier de l’histoire que les architectes se retrouvèrent en bandes organisées. Les différents territoires défendus témoignaient d’une crise à la fois critique et théorique caractérisée par de nouvelles formes de médiatisation. Sur les bases du travail effectué durant la thèse.

Articles scientifiques à comité de lecture

« Entre forme, discours et représentations : Enseigner la recherche en design à l’université », Sciences du Design n°15, 2022.(À paraître).

Depuis le manifeste formulé par László Moholy-Nagy sous les termes de « Design for Life » (1947), le design s’enseigne avec l’ambition de donner forme à la construction d’une pensée contemporaine cohérente et commune reliée à la vie en société, une aspiration qui fait écho au projet d’une université connectée avec son temps. Quelle pourrait être alors la singularité de l’enseignement du design dans les universités françaises ? Qu’offrent au design les universités considérées comme le lieu de circulation du savoir ? Quelle proposition d’orientation pédagogique et épistémologique peut nourrir l’enseignement de la recherche en design dans le cadre des mémoires de Master ? Directement connectées avec les problématiques contemporaines pressantes et les questions de représentations, associée aux études de design (design studies), les études culturelles (cultural studies) peuvent permettre de repolitiser les sujets de recherche en design. L’objectif de cet article est de discuter des possibilités d’articulation entre théorie et pratique, et entre forme et discours. Et enfin, de réaffirmer la figure du·de la designer-chercheur·se issue de l’université.

« Quelle recherche en architecture ? Investigations entre études visuelles et recherches archifictionnelles », Cahiers du Lhac, Actes du colloque « Profession architecte », 2022.(à paraître).

Dans la pratique de l’architecture, le façadisme relève des choix entrepris pour le traitement et/ou la conservation des façades, une attention particulière est portée sur l’esthétique des bâtiments. Qu’il soit compris comme un point de vue architectural, une pratique constructive, une stratégie économique ou politique, le façadisme se dit d’une manière de mettre les façades au premier plan du projet architectural ou urbain. En observant ces productions audiovisuelles, on s’aperçoit justement de l’importance du rôle des façades dans les activités collectives. Mais en plus de l’apparence extérieure des bâtiments, d’autres façades apparaissent à partir des attitudes humaines. Ici l’étude de ces objets visuels est une entrée pour expliquer le façadisme au-delà de son rapport avec les façades des immeubles. En parallèle, elle permet d’expliquer en quoi l’architecture et les fictions peuvent également être considérées comme des moyens pour développer une recherche scientifique qui tente plus largement d’inclure les cultures visuelles à l’étude du monde social. L’exploration du façadisme et sa problématisation permettent ainsi de faire la démonstration d’un type de recherche qui vise à faire dialoguer l’architecture et ses images avec le rôle qu’on lui fait tenir lorsque nous lui donnons la responsabilité de représenter autre chose que des bâtiments et des environnements physiques. peut porter sur elle.

« Co-imaginer la ville à la télévision ? », revue fabricA n°13, Co-Concevoir en architecture : Formes de collaboration et hybridations de savoirs, novembre 2022. (à paraître).

Dans les années 1970, aux États-Unis, la télévision est un médium dans lequel les individus ont beaucoup d’espoirs en matière de communication et de démocratie. Cet objet était alors considéré comme “démocratique” dès lors qu’il permettait nouvellement à tout le monde d’avoir accès à l’information et à la connaissance sans distinction sociale de genre ou de classe, et à moindre coût. Pour l’architecte américain Chad Floyd, l’usage de la télévision tient d’une stratégie de médiatisation de masse pour discuter des projets urbains avec le public. Lorsqu’il produit l’émission de télévision Designathon (1976-1984), il souhaite démontrer que l’architecture et l’urbanisme ont trop souvent été des sujets d’étude entre experts déconnectés parfois des besoins des usagers. Son objectif est d’organiser un dialogue entre les différents acteurs du projet d’aménagement. Selon lui, ce dialogue est possible grâce à la télévision. Alors qu’elle fut le haut lieu de la participation architecturale urbaine il y a encore quelques décennies, elle est aujourd’hui considérée comme un espace idéologique se tenant bien loin des modalités qui caractérisent les pratiques démocratiques. La télévision ne fait plus fantasmer. L’émission Designathon fut-elle justement le fantasme d’une démocratie participative qui n’a jamais eu lieu ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Peut-on co-imaginer la ville à la télévision ?

« Objets en famille et famille d’objets. Comprendre les relations humains non-humains avec The Simpsons », Cultural Express, novembre 2021 [En ligne].

Que nous disent les Couch Gags de la série d’animation Les Simpson des rapports humains non-humains ? Plus précisément, quels sont les points communs entre le salon des Simpson appartenant à la culture visuelle américaine, ceux du catalogue IKEA et celui, probablement, dans lequel j’habite en ce moment ? Malgré les variantes certaines, ils comportent au moins un canapé ou un fauteuil, une table basse, un luminaire, et une télévision. À première vue, cet assemblage représente un système d’objets qui fonctionnent ensemble. Cet espace systémique, mis en scène dans la série, dans les catalogues de meubles et chez beaucoup d’entre-nous, invite à réfléchir à la banalisation de la valeur d’estime conférée aux objets, véhiculée par des représentations normées de l’univers domestique, et à interroger les interactions entre humains et non-humains dans le contexte de la sphère domestique. Selon quel mode vivons-nous en société avec ces objets ? De quelle manière la notion de famille permettrait de penser autrement les rapports traditionnels objets-sujets ?

« Fake vie et espaces factices ? Des gated communities à la téléréalité ». culturesvisuelles.org, 2022, [En ligne], Accra, Université de Strasbourg. (à paraître)

Qu’ont en commun les lotissements des séries Safe (Netflix, 2018), Weeds (Showtime, 2005-2012), The Neighbors (abc, 2012-2014) ou Desperate Housewife (abc, 2004-2012), ou en encore les villes américaines à gouvernances privées de Celebration (FL), Sun City (AR), Seaside (FL), et les sites imaginaires de Tomorowland (Walt Disney Corporation), Arroyo Blanco (The Tortilla Curtain, T.C. Boyle, 1995) et Stepford (The Stepford Wives, 1974), ou encore les espaces clos des téléralités Loft Story (M6, 2001-2002), Big Brother US (CBS, 2000-2020) et The Circle US (Netflix, 2020) ? Quels problèmes posent ces objets spatiaux ou urbains ? Que montrent-ils des rapports que l’on entretient avec le monde ? Que disent-ils de ce qu’est selon eux la “vraie“ vie des communautés contemporaines ? Qu’il s’agisse de gated communities, d’espaces de vie sécurisés, de mini cités utopiques, ou encore d’habitats clos fictifs, ces motifs multipliés dans le monde entier dépeignent une société inquiète et fragile qui se retranche, se confine, et tente de se protéger des situations anxiogènes. Aseptisées et organisées, depuis les années 1950, quelques villes et lotissements privés (historiquement) américains tentent de se mettre à l’écart d’un monde devenu trop barbare. La reproduction de la ville en miniature et par extension l’imitation des vies idéalisées comme on en voit dans les fictions, sont désormais la nouvelle réalité artificielle de colons en quête de sécurité, de quiétude et d’ordre. La représentation de ces motifs dans la culture visuelle et plus particulièrement dans les fictions télévisuelles rend compte des problèmes démocratiques, discriminatoires et liberticides posés par de tels modèles. Les espaces factices des gated communities nous mentent-ils ? Quels sont les effets de ces représentations, issues d’une société qui promeut une réalité alternative mais artificielle de la vie en communauté.

« Que nous dit la maison de La petite maison dans la prairie ? », Radar #7, 2022. (à paraître)

Nous connaissons tous plus ou moins La petite maison dans la prairie comme étant l’une des séries américaines des années 1970-80 les plus populaires (Little House on the Prairie, NBC, 1974-1983). Si l’on se rappelle ce qui compose son imagerie et son paysage, on se souvient de prés fleuris, de verdure sauvage, de pâturages, de maisons en bois, de rues en terre battues, mais aussi de familles puritaines, de la naïveté des enfants, un environnement fait d’objets visuels, mais aussi de « constructions visuelles du champ social » (Mitchell, 2005). Il s’agit là de représentations qui dépassent même le concept d’image, et qui s’inscrivent dans le « champ de la visualité », relevant de ce qui est visible dans l’espace social. Il s’agit ici de déconstruire l’image positive de la log-cabin du pionnier américain comme symbole des self-made men, représentée par les productions artistiques et politiques, en lui préférant une représentation plus critique, plutôt comme l’objet matériel de la colonisation naturalisante des pionniers sur les territoires amérindiens. Cet objet de la culture populaire a façonné le paysage américain que l’on connait aujourd’hui et les productions artistiques et médiatiques ont participé représenter positivement le projet colonial. Il est alors question de s’intéresser plus particulière à cette petite maison en bois, héroïne par défaut de cette fiction comme le confirme aussi le titre de la série, et interroger son statut politique. Que nous dit-elle de la représentation des pionniers de l’Ouest américain ? De quelle manière a-t-elle dessiné le nouveau paysage de ces terres conquises ? Que donne-t-elle à voir de l’architecture des pionniers et de leur environnement matériel ? Et enfin, est-elle perçue comme une architecture coloniale ?  

« The aesthetic Spatial and Architectural Dramalities of Trump », Footprint n°29 : « The Architecture of Populism: Media, Politics, and Aesthetics », Delft, 2022, 16 pages. (article en anglais à paraître).

Television dramality is established through three different processes: theatricalization by dramatizing « authentic » facts and emotions (as close as possible to a real frame of reference), popularization by showing everyday activities, transgression by hijacking social codes and decency. I then hypothesize that if dramality is a television genre, it also takes shape in the way Trump mediatizes his political activities and public appearances. His descents down the escalator of the Trump Tower, from the time of The Apprentice to the day of the candidacy for the 2016 Presidential elections, his popular Border Wall Speeches, his transgression of democracy and his neglect of American myths demonstrate the close relationship he maintains with dramaturgy. The proposed executive order entitled « Making Federal Buildings Beautiful Again » and the July 4, 2019 show at the Lincoln Memorial in Washington illustrate his contradictory position, between conservatism and symbolic violence. It is perhaps through the critical analysis of this spatial and architectural drama that the image of an anti-democratic President emerges : one who does not seem to put the interests of Americans before his own, but rather announces a form of nationalism.

« Le rôle de l’image dans les urban design studies. L’essai visuel comme production scientifique », Interrogations AAC n°34. Suivre l’image et ses multiples états dans les collaborations arts/sciences, juin 2022. (à paraître).

Dans tous les domaines, les textes théoriques sont majoritaires dans la médiation de la recherche scientifique. Le plus souvent, les images illustrent le texte, ou sont étudiées comme objet. Que se passerait-il si grâce à un montage particulier, les images étaient elles-mêmes porteuses du discours de la recherche ? Si elles étaient la production scientifique ? Médiatiser la recherche universitaire est nécessaire dès lors que le chercheur souhaite partager son travail. Et si l’essai visuel pouvait être cet objet de diffusion de la recherche scientifique ? Quel serait alors le degré de scientificité requis pour que cette forme d’essai encore peu connue soit envisagée à l’université ? En s’appuyant sur le travail intitulé Learning from Las Vegas (1968-1972) des universitaires américains Denise Scott Brown et Robert Venturi, et sur celui de l’historien britannique Reyner Banham, Banham loves Los Angeles (1971-1972), mais également en précisant les définitions étymologiques et historiques de l’essai visuel, cet article vise à questionner un support médiatique qui pourrait bien rassembler culture visuelle et méthode pragmatique autour de la pratique scientifique de la recherche dans le champ des urban design studies.

« La contribution des séries télévisées dans les études architecturales », Philotope n°14 : « Les synergies à l’œuvre pour faire recherche en architecture », PHILAU, mars 2021, pp.159-167.

Le chercheur est habituellement amené à produire un récit historique à partir d’archives, de documents textuels et iconographiques, d’analyses de bâtiments, en organisant peut-être des entretiens, en allant sur le terrain et en abordant le sujet du point de vue de l’architecture. Imaginons un instant une posture bien différente, qui consiste non pas seulement à arpenter les archives à la recherche de la vérité du document, mais bien plutôt à interroger les récits dans lesquels peut figurer l’architecture. Imaginons ce qui peut se passer si l’on s’éloigne du terrain habituel du chercheur pour lui préférer une démarche moins attendue, en prenant cette fois comme source première les fictions qui captent l’architecture, et dans lesquelles elle tient parfois un rôle spécifique. Où se situe alors, une recherche en architecture qui saurait relier les postures et les méthodes des études architecturales et des études culturelles ou visuelles en partant des productions culturelles ?

« La série The Handmaid’s Tale pour penser l’architecture du pouvoir et ses détournements », Plan Libre n°174 : La recherche en architecture, Maison de l’Architecture Occitanie-Pyrénées, mars 2020, pp.10-11.

Que nous apprennent les fictions télévisées des fenêtres du pouvoir : les bâtiments emblématiques qui peuplent l’espace urbain ? Aujourd’hui, par exemple, c’est le mur frontalier entre le Mexique et les États-Unis par le président Donald Trump qui inquiète les populations, ou, son événement du 4 juillet 2019, considéré comme un détournement symbolique des monuments et de la fête nationale. Dans une scène de la série The Handmaid’s Tale (Hulu, 2017-2020), les servantes sont alignées pour une prière collective sur le site du Lincoln Memorial dans un Washington dystopique et patriarcal dépendant de la République de Gilead (S3 Ep.6, 2019) et le Washington Monument devient une croix religieuse monumentale. De quelle manière les séries illustrent, ou dénoncent-elles les réelles craintes d’un renversement politique, où l’architecture est le médium d’expression privilégié des gouvernements ?

« Une histoire médiatique de l’architecture ? », Gilles Langlois (dir.), Transversale n°4, ENSA Paris Val de Seine / ENSAP Bordeaux, janvier 2020, pp.55-65.

Dans le champ de l’architecture, la médiation des contenus théoriques a toujours été fondamentale. Que ce soit par le dessin, la publication de livres ou d’articles, par des conférences, des émissions radiophoniques et télévisées – et plus récemment des blogs et des web tv – ces productions forment une véritable culture médiatique de l’architecture. Si comme le suggère de façon très à propos Jean-Yves Andrieux au sujet des recherches en histoire, « macro et microscopie sont les deux outils simultanés qui aident à se mouvoir avec adresse parmi les indices matériels du monde construit », alors, les recherches plus ciblées sur les rapports entre architecture et médias peuvent nous donner une autre connaissance de l’histoire de l’architecture. Ce texte vise à examiner la contribution de l’approche interdisciplinaire et scientifique des cultural studies à l’histoire récente de l’architecture. Comment alors, construire une histoire médiatique de l’architecture ?

« Bataville : identité confuse d’un héritage d’urbanisme industriel autoritaire », Projets de paysage [Online], 22 | 2020.

Si la période la plus faste de Bataville renvoie une image attractive, aujourd’hui l’identité du site mosellan est difficile à identifier. À partir de l’histoire, des circonstances de la création de ce projet de ville-usine, et en interrogeant les différentes représentations patrimoniales, formelles et idéologiques qui émergent du plan, est-il possible de saisir la dimension autarcique du complexe qui semble notamment induite par le dispositif architectural et semi-urbanistique imaginé par ses créateurs ? En quoi cet isolement fut une stratégie de l’entreprise Bata S.A. pour contrôler les corps et les espaces ? Qu’a produit ce confinement à la suite du départ de l’entreprise ?

Articles de vulgarisation

« Édito », Web revue Strabic, « Saison Learning From Bataville », 2016-2017. Direction éditoriale de la saison.

En 1932, l’entreprise tchèque Bata, dans une dynamique d’expansion internationale, construisait en Lorraine la cité-usine de Bataville. En 2002, les activités industrielles du groupe ont cessé et se pose depuis la question de la reconversion. Les publications concernant l’entreprise Bata et le site de Bataville-Lorraine étant peu nombreuses, le projet vise à décrire et questionner les mutations identitaires, économiques, industrielles, environnementales et sociales de ce territoire. Les quatre articles qui suivent et qui font partie de cette saison, constituent une étude liée au projet de recherche Paysages et représentations (Accra, 2016).

« Le manuel de bonne conduite, Bataïsme projet humaniste », Web revue Strabic, « Saison Learning From Bataville », 2016-2017.

« Service construire, les architectes de la vie idéale », Web revue Strabic, « Saison Learning From Bataville », 2016-2017.

« L’invention de Bataville, visite guidée à Hellocourt », Web revue Strabic, « Saison Learning From Bataville », 2016-2017.

« Le cycle du travail, un regard de Caroline Bach », Web revue Strabic, « Saison Learning From Bataville », 2016-2017. (Tous les articles à lire sur strabic.fr)

« Vivre sur ou sous l’eau ? Vers une architecture mérienne », Cercle magazine n°5 « Océan », 2017, pp.112-113. Réflexion sur l’histoire du projet architectural conçu pour alimenter l’utopie de la vie maritime.

« Erreur sur le costume », Cercle magazine n°4 « Costume », 2016, pp.120-121. Observations au sujet de la manière dont le costume et l’uniforme contribuent à construire une figure d’autorité.