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Journée d’études : Objectivité et design graphique : l’interdisciplinarité entre art, image et science –  8 décembre 2918 – Amphithéâtres MISHA, Université de Strasbourg, Lias, mm (Ehess / Cnrs), Irist, Archives Poincaré, Université de Lorraine

 

Architecture des images. Science et pédagogie dans les films de Ray et Charles Eames
Il semble difficile pour les Eames de se satisfaire d’une seule image, d’un seul point de vue sur les sujets qu’ils se sont attachés à explorer dans le cadre de leurs films pédagogiques. Le champ visuel du spectateur est systématiquement divisé en plusieurs espaces, qui bien souvent donnent à voir un même sujet selon plusieurs angles de vues, quand ils ne livrent pas plusieurs informations, concepts, ou notions, qu’il incombe alors au spectateur de relier entre elles pour en reconstruire la signification dans toute sa complexité. Comme l’a suggéré Beatriz Colomina, les films des Eames déploient une véritable « architecture des images », qui croise les problématiques émergentes des médias de masse avec un souci très didactique d’emprunter des stratégies scientifiques pour donner à comprendre leurs sujets. 

 

 

 


Journée d’études : Les jeudis de la recherche – 4 mai 2018 – Amphithéâtres CDE école doctorale des humanités, Salle 112 Palais Universitaire – Université de Strasbourg, Accra

 

Théorie critique en architecture, un modèle pour la recherche ? Étude de la métaphore criminelle
À lire différents textes manifestes, toute forme d’architecture hors norme, s’écartant des principes en vigueur, serait une architecture criminelle, ou faite par des criminels. Mais paradoxalement, le crime et la transgression semblent être, toujours selon ces auteurs, inévitables pour comprendre l’architecture elle-même. Une lecture comparée de ces écrits nous offre de nombreux indices sur cette apparente contradiction, et permet d’en proposer un dépassement critique, par la critique. Les postures historiques, théoriques se mêlent alors pour nourrir une enquête critique à travers l’examen de détails contenus dans ce corpus, mettant en œuvre le paradigme indiciel cher à Carlo Ginzburg, toujours dans l’objectif de fonder une histoire critique de la violence reliée à l’architecture.

 

 


Journée d’études : Prendre place. Le droit à la ville :  18 avril 2018 – Amphithéâtre de la Faculté de Philosophie, Université de Strasbourg, CrePhac, Accra, Amup

 

Introduction à une expérience critique et participative
Ce que le droit à la ville implique en terme de participation. Présentation de l’ensemble des projets et des événements prévus entre avril 2018 et avril 2019. En quoi la communication et la sensibilisation du droit à la ville permet d’entreprendre une dynamique créative pour comprendre la ville d’aujourd’hui ? Pourquoi développer un regard critique sur le droit à la ville ?

 

 


Journée d’études : Le temps post-moderne – 13 avril 2018 – salle 115 Palais Universitaire – Université de Strasbourg 
Gangs of architectes
Architecture POMO et médiatisation
À partir des années 1960, le champ de l’architecture aux États-Unis est le théâtre d’une série marquante de prises de positions critiques, qui, de l’exposition à la publication, du débat télévisuel à la confrontation publique, s’incarnent dans tous types de médias. En mars 1968, l’article si controversé intitulé A signifiance for A&P parking lots, or Learning from Las Vegas paraissait dans la revue d’architecture américaine The architectural Forum, et dépeignait une approche populiste et symboliste de l’architecture. En 1972, l’ouvrage intitulé Five architects était publié pour prendre position face à un événement organisé par les CASE au MOMA, en 1969 au sujet de la pertinence d’une nouvelle architecture moderne contemporaine. En août 1976, une confrontation publique organisée dans le cadre de la Biennale de Venise, réunissait les architectes, historiens et critiques d’architecture européens et américains les plus prolixes du moment, pour débattre de l’avenir de l’architecture. En décembre 1976, s’ouvrait à Chicago l’exposition activiste intitulée Chicago Architects, créée en représailles à une autre exposition venant de Munich 100 years of architecture in Chicago, continuity of structure and form, faisant l’apologie de l’architecture moderne en tant que seule représentante de l’architecture dans la ville. En 1977, l’ouvrage intitulé Le langage de l’architecture postmoderne, diffusait publiquement une classification des différents signes architecturaux apparaissant depuis les années 1950. Puis, en 1981, le discours annuel du RIBA annonçait la division du monde de l’architecture en deux camps opposés et révélait la concurrence des discours sur l’architecture. Tous ces événements et bien d’autres encore, marquent la montée d’un mouvement de controverses architecturales violentes aux États-Unis et en Europe, et c’est dans ce moment singulier de l’histoire que les architectes se retrouvèrent en bandes organisées. Les différents territoires défendus témoignaient d’une crise à la fois critique et théorique caractérisée par de nouvelles formes de médiatisation.

 

 


Journée d’études : Les jeudis de la recherche / pratique / théorie /épistémologie des arts – 3 et 4 mai 2018 – amphithéâtres CDE et 112 Palais Universitaire – Université de Strasbourg 
Enquête critique en architecture, un modèle pour la recherche ?
L’architecte en criminel
En 1908, l’architecte viennois Adolf Loos publiait un pamphlet violent, Ornement et crime,  qualifiant de criminel tout architecte usant de l’ornement. Ce texte posa les bases d’une vision moraliste de l’architecture directement adoptée par les modernistes de la première partie du XXe siècle. Une réponse à ce texte était donnée cinquante ans plus tard par l’artiste viennois Friedrich Hundertwasser, qui retournait contre Loos son accusation dans le Manifeste de la moisissure. En 1974, l’architecte et critique Peter Blake publiait Form follow fiasco, un réquisitoire contre l’architecture moderne, et quelques années plus tard l’architecte suisse Bernard Tschumi, utilisait l’image du meurtre dans ses devenus très célèbres Manhattan transcripts, pour rapprocher symboliquement l’architecture et sa transgression par le crime. À lire ces différents textes, toute forme d’architecture hors norme, s’écartant des principes en vigueur, serait une architecture criminelle, ou faite par des criminels. Mais paradoxalement, le crime et la transgression semblent être, toujours selon ces auteurs, inévitables pour comprendre l’architecture elle-même. Une lecture comparée de ces écrits nous offre de nombreux indices sur cette apparente contradiction, et permet d’en proposer un dépassement critique, par la critique. Les postures historiques, théoriques se mêlent alors pour nourrir une enquête critique à travers l’examen de détails contenus dans ce corpus, mettant en œuvre le paradigme indiciaire cher à Carlo Ginzburg, toujours dans l’objectif de fonder une histoire critique de la violence reliée à l’architecture.

 

 


Colloque international Images 20172 juin 2017amphithéâtre Cavaillès – Université de Strasbourg
La notion d’hyperimages en architecture
En 1977, l’architecte et critique américain Charles Jencks, publie un ouvrage intitulé, Le langage de l’architecture postmoderne, dans lequel il exprime qu’il ne fait aucun doute que les façades et les formes des bâtiments véhiculent des images et que l’architecture est porteuse d’un langage. Selon lui, l’architecture moderne, austère, donnant à voir des formes géométriques et normalisées ne seraient générées qu’à travers l’obsession de la fonction et ne produiraient qu’un seul et même modèle d’image auto-référentielle, que Jencks dénoncera. La fin esthétique d’une modernité qui ne produirait pas de nouveaux récits est ainsi revendiquée. En réponse à cette extrémité, un phénomène discursif et visuel – utilisant la référence et la citation –, apparait durant la période postmoderne. La notion d’hyperimages utilisée par les architectes dans l’élaboration de leur architecture est tout à fait perceptible. Mais comment se définit cette notion d’hyperimage en architecture ?

 

 


Journée d’études : Regards sur le paysage urbain – dédiée à la thématique de l’image – 25 avril 2017 – amphithéâtre de la MISHA – Université de Strasbourg
L’architecture, instrument du discours commercial, l’architecture comme média
Dans les années 1990, certains bâtiments deviennent un médium commercial et participent à la propagande d’un discours, des marques. En 1964, le théoricien des médias, Marshall McLuhan annonçait que “Le médium c’est le message“. Ce concept complète ce que les architectes et théoriciens Denise Scott-Brown et Robert Venturi défendaient dans leur manifeste intitulé Learning from Las Vegas dès 1968, quand ils évoquaient que ”l’architecture est communication”. Or le phénomène exposé ici montre à quel point les architectes ont lié architecture et discours publicitaire sans aucun recul critique. Les bâtiments deviennent des structures signifiantes au service des marques. Ces dernières délimitent leurs territoires dans la ville grâce à l’instrumentalisation de l’architecture qui agirait comme un signal. On assiste alors à une conquête de l’espace urbain et à la naissance de l’architecture « logo ».

 

 


Journée d’études : 7 novembre 2016 : “être public“ – Université de Rennes 2 / Hotel Pasteur
Bataville panoptique
C’est un lieu qui est pensé comme une ville, comme un espace urbain, il est pourtant décontextualisé de la ville puisque situé en plein cœur d’une zone rurale en Moselle. C’est un territoire méta-urbain recréé dans une forme répondant aux critères d’une cité, avec des espaces fonctionnels, sociaux et une gouvernance. À noter que la gouvernance ici a été entièrement contrôlée par l’entreprise des chaussures Bata de 1932 à 2001 – l’entreprise Bata c’est celle de l’entrepreneur Tchèque Thomas Bata, qui est à l’origine de ce projet monumental, débutant à Zlin en Tchéquie, en 1930 et s’étendant à l’échelle internationale. Il n’y a pas qu’une Bataville, il y en a une trentaine partout dans le monde. Bataville – Hellocourt est le site français de la firme Bata. Ce complexe a tous les ingrédients du modèle progressiste du XIXème siècle : il se fond dans la nature, le site est équipé de la technologie la plus évoluée de l’époque, les habitations sont imaginées sous les prédicats hygiénistes et modernes, l’espace est optimisé et fonctionnel, et, les bâtiments que l’on trouve ici sont identiques à tous les bâtiments Bata créés dans le monde. Conçus par le “Service construire“ – le cabinet d’architecture de l’entreprise Bata. Cela révèle un lien évident entre l’architecture et l’entreprise, s’illustrant par une pensée de la ville idéale, traduite par un même système, répété et imposé à un territoire, à une culture sans s’y intégrer socialement, une vision très isolationniste. C’est une dimension colonisatrice, parfois, l’entreprise utilise les matériaux qui sont sur place pour la construction des bâtiments, mais il n’y a pas de volonté plus prononcée pour s’intégrer au territoire qu’elle occupe. L’aspect très séculaire des sites est fait aussi pour éviter les mouvements de rebellions des employés. Peu de site s’inscrivent dans un centre ville, ils sont souvent à côté. D’ailleurs Hellocourt est le site parfait, isolé, on note que les premiers employés sont des paysans locaux, ce choix limite les rebellions possibles. On observe très nettement quelques dispositifs de contrôle venant de la planification urbaine, et de l’implantation des bâtiments.