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Tabula rasa, prescription et explosion.
Essai critique sur les fondations de l’architecture moderne

Cet essai critique traite de la violence et de ses manifestations architecturales, mais il est également question de relever sa présence dans les intentions conceptuelles et projectuelles des architectes et des représentants du pouvoir qui les accompagne. Le premier objectif est de savoir à travers quels phénomènes on peut lire cette violence quand il s’agit d’architecture. Pour cela, violence et architecture seront associées à travers la lecture de mythes de fondations du monde, des villes, des édifices, et de l’histoire même de l’architecture. Ce lien étroit aurait eut comme effet de produire un rapport négatif entre l’homme et ses constructions ; sacrifices, meurtres, rapports de pouvoir, domination matérielle et bien d’autres effets. Des suites de cette étude, se sont très rapidement dessinées des formes de violences directes et bien visibles. Il sera également question de repérer si ces manifestations de la violence se sont transformées avec l’apparition des nouveaux enjeux mondiaux, intellectuels, économiques, socio-politiques et socioculturels. Pour cela, un moment dans l’histoire a été retenu pour son caractère paradigmatique dominant : il s’agit de la période architecturale progressiste et moderne s’étalant entre le XIXe siècle et le XXe siècle. L’observation de cette période par le prisme de la critique, semble révéler que son architecture pourrait bien se fonder directement dans la violence elle-même. Ce deuxième objectif posera les bases d’un argumentaire un peu plus complexe, qui défend l’idée qu’une première transformation de la violence apparait avec l’avènement de l’architecture progressiste du XIXe siècle, mais qu’elle prendrait une forme symbolique cette fois-ci, au sens défini par le sociologue français Pierre Bourdieu. Il s’agit d’entrevoir que l’architecture moderne trouverait ses fondations dans l’exercice de cette forme de violence symbolique. Cela est rendu possible en partie grâce à la mise en évidence d’un premier constat : le fait que l’architecture rationnelle et fonctionnaliste découlerait d’idées faussées de la responsabilité sociale de l’architecte et de l’architecture, dues à l’obsession de lier l’héritage humaniste des Lumières avec certains principes de la science moderne. Les architectes semblaient faire face à une impasse quand il s’agissait d’œuvrer à l’amélioration de la qualité de vie des usagers, car en appliquant une conception rationnelle et mathématique au projet d’architecture, ils passaient à côté d’une expression sensible de l’œuvre bâtie.
Édité par la Faculté des Arts de l’université de Strasbourg et ACCRA, dans la collection ”Les Cahiers de la Recherche”, (projet en cours).