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Architecture et médias TV 

Projet de recherche 2019-2021 

 

Ce projet vise à interroger les rapports entre les programmes télévisés, les débats architecturaux, et l’image de l’architecte à la télévision. Il s’agit d’analyser les représentations de l’architecte et de l’architecture à la télévision.

Pourquoi n’y a-t-il plus d’émissions réservées aux débats sur l’architecture à la télévision alors qu’il est de plus en plus essentiel de sensibiliser en masse le public aux problèmes environnementaux, politiques, constructifs, socioculturels –, etc. – qui lient les réflexions sur la ville, l’architecture et les usagers ? Pourtant la télévision reste (plus qu’internet pour des raisons évidentes d’usage), l’espace médiatique de masse le plus efficace pour communiquer des contenus.

Entre les années 1960 et 1990, les émissions de télévision présentent l’architecte comme un homme public, un night-clubber, un criminel, un génie, un démiurge, ou encore comme un humaniste. L’image de l’architecte à la télévision ne cesse de se transformer. Par ailleurs, aujourd’hui, le mot architecture est très souvent cité à la télévision, pour regrouper un panel très large de sujets : la personnalité des architectes, les systèmes techniques employés, les loisirs, les voyages et le patrimoine, mais aussi les nouveautés remarquables en termes de matériaux ou de pratiques constructives, etc. Le mot architecture est également employé pour parler d’aménagement et d’embellissement, de décoration, voire de bricolage. Ici le terme architecture est parfois vidé de son sens le plus fondamental, mais c’est cette image qui semble être partagée par le plus grand nombre et on peut se demander si certains programmes télévisés n’y seraient pas pour quelque chose. Il semblerait que le public soit finalement bien mal informé de ce que revêt le terme architecture, tant sémantiquement, politiquement, que symboliquement. Rien n’empêche de relier l’architecture aux voyages, aux prouesses techniques, aux idées de génie et à la conception d’espaces à aménager, ou à réhabiliter, mais il ne faut pas omettre non plus que l’architecture est une pratique intellectuelle et réflexive. La discussion semble alors cruciale pour envisager l’évolution de la discipline, et la télévision – même si son fonctionnement peut nous paraître à de nombreux égards critiquable – est l’outil médiatique le plus influent. Car en creux, on peut se demander si la sensibilisation du public aux questions architecturales et urbanistiques (par le biais des médias télévisés) ne pourrait-elle pas permettre une meilleure démocratisation du dialogue inter-communautaires au sujet des futurs projets urbains ? Et si une dynamique intellectuelle partagée ne pourrait-elle pas stimuler la pratique de l’architecture ?

En France, plusieurs magazines ont été produits et ont marqué l’histoire du débat architectural à la télévision, mais le paysage télévisuel contemporain ne semble plus offrir l’opportunité de rêver de son retour à l’écran. L’une des causes pourrait bien provenir de l’ambiguïté qui persiste entre propagande et sensibilisation, et que l’univers de la télévision entretien. Mais est-ce que parler « d’architecture » à la télévision est forcément compris comme une démarche publicitaire ?

La représentation de l’architecte, l’image de l’architecture, l’importance du débat architectural à la télévision, sont quelques des points étudiés dans cette recherche sur les pratiques (télé) visuelles de l’architecture.

Cette recherche s’inscrit dans le champ des Medias studies, de la Culture visuelle et des Études post-critiques en architecture.

 

• Image : L’architecte français Jean Nouvel dans l’émission Lunettes noires pour nuits blanches animée par le présentateur Thierry Ardisson le 18 mars 1989.